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>>Sélestat vaincu comme dans un rêve

9 mars 2008
Auteur(e) : 
TVB

Saverne – Sélestat : 3-2

Durée : 103 minutes

Set 1 : 25-23 en 20 minutes Set 2 : 20-25en 20 minutes Set 3 : 25-20 en 24 minutes Set 4 : 20-25 en 22 minutes Set 5 : 15-11 en 17 minutes

Arbitres : Arnould, Maetz

Saverne : Kister, Lotolotolua, Pruneta, Masson, Bergmann, Joly, puis Roth coach Morel

Sélestat : Wernert, Guisti, Bildstein, Marcovici, Boileau, Meusburger, libéro Lam, puis Urban, Heddache, Brunet coach Muser

Saverne n’a jamais vaincu Sélestat et avait bien cru y parvenir au match aller en s’inclinant 16 -14 au cinquième set après un match mémorable et acharné des 2 côtés.

Le match de ce samedi soir qui avait lieu au cosec des sources était abordé avec un optimisme bien plus retenu côté Saverne. Saverne était en effet décimé par les blessures et les congés sans solde après son seul faux pas 2008 à la Fraternelle et Sélestat était en phase ascendante après d’éblouissantes victoires que ces prometteuses joueuses avaient acquis à force d’engagement défensif.

 

 

Paragraphe emphatique et facultatif pour le lecteur :

 

Après une séance d’exorcisme informatisé au cours de laquelle je confiais sous forme de pré-rédaction en partie privée de notre site web mes pires craintes de voir Saverne submergée par la fougue des sélestadiennes, fondant ma déréliction sur ces années d’humiliation subies face aux diverses équipes bleues comme joueur ou coach, et encore plus récemment comme joueur retraité m’associant à l’improbable sauvetage de l’équipe masculine qui m’enrôlait de force pour éviter un forfait à Sélestat, sombrant dans ma paranoîa obsessionnelle de revivre le traumatisme de ce vendredi soir, voyant d’anciens camarades de jeu devenus adversaires, démembrer à coup de services ultra perforants nos bras de réceptionneurs aussi serrés que nos fesses, avec un score final qui frisait l’humiliation qu’eurent subi dans les mêmes circonstances une équipe de névropathes unijambistes.

J’avais peur que les filles subissent un sort similaire compte tenu de l’effectif réduit dont je disposais à l’entame du match avec Anne-marie handicapée de dernière minute, Marie partie sur les traces du couple présidentiel et Pélagie à l’épaule très contrariée. Revenons à nos moutons, ou plutôt allons les compter afin d’écrire la suite de cet article demain en pleine possession de mes moyens.

 

Le réveil me voit de retour pour mon apostolique hebdomadaire appremment lue jusqu’aux frontières du bas-rhin.

Le match commença sous les meilleurs auspices (et pas hospices !) avec un marqueur à la générosité affichée (promettant de nous payer la bouffe si on gagne) et efficace (Didier titulaire d’un diplôme d’enseignement supérieur en comptabilité, le rendant très diligent dans la manipulation des scoreurs manuels ou électroniques) tout affairé à faire défiler les points en faveur de Saverne qui sauta d’entrée à la gorge des jeunes joueuses de Mousca (c’est une image bien sûr !).

Le service flottant des rouges utilisait les bons courants aériens pour faire commettre quelques « buffets » aux réceptionneuses adverses (le buffet est une métaphore locale signifiant que la balle frappe les biceps de la réceptionneuse en s’écrasant sourdement sur sa poitrine). Pas pour autant démobilisées, les bleues, sous l’impulsion de C. Boileau la passeuse ultra mobile, utilisent les talents intacts de R Marcovici. Le set devient incertain déjà, tendu, et le score de 25-23 est à l’image des exploits défensifs réalisés de part et d’autre. Saverne retire les fruits de sa patience dans l’échange et saisit les opportunités les plus viables pour conclure des points acharnés sous l’œil rassuré de Lucile absente de marque cette saison pour cause de genou « laxiste ».

 

 

Le second set est très vite de la même texture ludique et les défenses engagées se multiplient. La puissance de feu de D Guisti est à prendre au sérieux ce qu’oublient Pauline et pélagie au contre, J Heddache-Tanoh effectue une entrée dans le match assez remarquable en frappant avec l’insouciance de sa jeunesse et une belle hauteur des diagonales meurtrières pour la défense locale. Le jeu de Saverne est moins discipliné au service et la construction de base de Sélestat est bien assurée par C Meusberger et l’incontournable R Marcovici qui règne en maître dans un demi terrain, invectivant sans relâche ses partenaires en entretenant en bonne capitaine leur combattivité. Anne Marie s’évertue à encourager sans relâche ses partenaires, rien n’y fait. Sélestat réagit en remportant le second set 25-20.

 

Conscientes d’avoir par trop favorisé la meilleure expression du jeu de l’adversaire, les savernoises se reconcentrent non sans un certain professionalisme et jettent leurs forces dans la bataille. Pauline pilonne, Pélagie agit, Manue signe des croix d’une rapidité consternante, Anne fait souffler le mistral par des appels hétéroclites multi-répétés, et Petelo notre supporter le plus expressif ahâne à chaque exploit ses « Ouais !!! » avec cœur, repris en chœur par une foule en délire confinée au banc pour culs durs que le cosec des sources leur procure habituellement.

On aime beaucoup jouer dans cette salle car on n’y a jamais encore connu la défaite. La confiance anime les petites mains des passeuses rouges qui effectuent des choix lumineux et cohérents dans les montages de combinaisons offensives. Certes on peut reprocher les erreurs ponctuelles, mais aucune n’est pour autant préjudiciable car Saverne défend tout, tout sauf les 2 décalées spectaculaires distribuées par C Boileau à R Marcovici qui plantent Manue au sol dans un contrepied défensif légitime. La régularité des services savernois et la capacité retrouvée à toucher les cibles tactiquement définies par le coach local contribuent à limiter l’impact offensif de Sélestat qui doit se contenter de rendre des ballons faciles, dont on s’empare bien vite en relance pour créer des situations offensives qui ne connaissent de succès qu’au terme de longs et âpres échanges lors desquels les défenses sont mises à rude épreuve et sont à un cheveu de la rupture. Des fautes de placement sont préjudiciables à Sélestat qui demande confirmation à notre marqueur diplômé, lequel, semble impertubable dans sa mission. M Bildstein et E Urban viennent compenser la baisse de régime ou l’énervement de leurs partenaires et se montrent très solides d’emblée, mais c’est trop tard et Saverne s’envole avec Pélagie qui exploite sa hauteur pour conclure sans forcer à l’aile. Anne marque des points époustouflants comme une petite diagonale en 2 que nulle défense au monde n’aurait pu lire. Pauline n’est pas en reste et inflige à ses anciennes partenaires des attaques courtes croisées dont elle a le secret. Morgane s’essaye avec élégance au pilonnage offensif et le public peut exulter à loisir quand le set est conclu 25-20.

 

A peine le temps d’une surprenante éructation féminine sur le banc que, dans un langage similaire le coach savernois ordonne à ses joviales troupes de retourner au charbon, ce que fait Pauline sans rechigner compte tenu de ses origines. Pauline a la mine des grands soirs et prend confiance dans le jeu savernois en étant au four et au moulin. Sélestat est remis en selle par ses remplaçantes dont le calme et la concentration apportent la stabilité voulue au groupe du gourou Mousca. C’est avec une grande sérénité que Sélestat développe un jeu brillant qui exploite la légère baisse physique des rouges. I Wernert est présente au contre et C Boileau distribue avec régularité des ballons provenant des bonnes défenses, relances et réceptions de ses partenaires. Saverne maintient un niveau de service convenable et Claude parvient à bonne distance à démontrer sa science de l’aérologie et sa maîtrise des courants éthérés sur la trajectoire de ses balles. Les points spectaculaires s’enchaînent sans qu’on en soit surpris et quelques bévues considérables dues à la fatigue se produisent. On sent que l’avantage pris par Sélestat risque d’être irréversible d’autant plus qu’Anne ou Pélagie échouent au service en exagérant le rythme de leur frappe. 25-20 est un score logique somme toute pour Sélestat, et on n’est pas si malheureux de s’offrir un cinquième set dans un tel match, rien que pour le plaisir de sentir un petit chatouillis d’angoisse dans le ventre.

 

Le public spécule sur les chances des unes ou des autres, les conversations vont bon train. Malheur aux vaincus pense-t-on et malheur aux vingt culs torturés par la dureté des bancs triplanchistes pensais-je. Ils n’auront qu’à se lever un peu pour nous encourager tout en soulageant leur douleur postérieure ! Merci au public de souffrir pour nous soutenir !

On songe à dédramatiser l’enjeu afin que les unes et les autres entament au mieux le cinquième set. L’excellent tandem d’arbitre trône toujours dans le blanc éclatant qui leur sied et qui n’est rendu possible que par la science de l’industrie des produits nettoyants, auréolé d’une viriginité impartiale, cachant leur plaisir d’être les acteurs discrets d’un match aussi spectaculaire.

Le cinquième set et son lot de mélodrames démarre avec R Marcovici qui conclut sans frémir le premier point après un premier cafouillage savernois, passe au service et participe à la défense qui vendange un ballon facile l’offrant à Manue qui hélas échoue dans le bas du filet. Damned ! Gott verdammi ! Arbitre !!! Temps mort ! Quoi ? A 2-0 déjà ? En effet je m’interdis de voir les filles s’empêtrer 2 fois consécutivement dans des erreurs de crispation compréhensibles et tente une expérience de sofrologie improvisée qui vise à leur faire effacer mentalement ce début de tie-break mortifiant. Le set reprend et Saverne conclut à son tour profitant de la fébrilité de C Meusburger pourtant assez irréprochable jusque là. Morgane est dans tous les coups, défend, réceptionne, se bat, fait des efforts pour approvisionner les bras de ses attaquantes, sert avec application, stimulée qu’elle est par la présence de son clan toujours très présent dans le public. Saverne trouve un rythme de service propice à déstabiliser l’adversaire et E Urban est devenue la cible choisie bien qu’elle ne commette pas de grosse faute. Les réceptions n’arrivant que trop peu au filet, les sélestadiennes prennent des risques et rabattent des ballons d’attaque peu exploitables sous la bande du filet. Saverne tourne en tête, et Sélestat réagit comme de bien entendu. Pauline commet une bourde hallucinante dont seule une blonde a le secret et qui fait sortir de ses gonds son coach, mais entreprend une série de réactions décisives en fin de set. L’une et pas des moindres consiste en l’exploit de mettre une chaussette retentissante à son ex capitaine Romina, avec une autorité inouïe qui force la décision finale en grande partie. Claude conclut avec un service long et flottant, sans trembler ni connaître de trouble gastrique particulier à cet important moment, et Saverne peut libérer sa joie d’avoir accompli enfin l’exploit de battre Sélestat après plusieurs longues années. La vengeance est un plat qui se mange froid voire surgelé en ce cas, mais n’exagérons pas car il n’est nulle vengeance possible devant un adversaire aussi respectable et fair play. Parlons d’une épisodique revanche propice à alimenter la liesse populaire des 20 spectateurs libérés de leur souffrance fessière comme Anne-Marie qui malgré son état de santé du jour avait tenu à ne pas laisser tomber ses partenaires au cas où l’une ou l’autre aurait eu besoin de souffler un peu. Les 6 savernoises engagées dans cette bataille avaient le dos au mur et trouvèrent ce soir là une belle solidarité.

 

Bravo à toutes et continuez à vous faire plaisir. De tels matchs vous donneront envie de pratiquer longtemps votre activité préférée et merci à Sélestat un peu déçu on le comprend de ne jamais céder un seul point sans se battre.

 

Rendez vous à domicile contre Constancia 2 le samedi 29/3 à 20h30 au cosec des sources. Une revanche est à prendre encore une fois et la Constancia est une équipe de haut de tableau. Saverne pointe son nez au classement à une place bien plus honorable de cinquième signant une dixième victoire amplement méritée.

Vos commentaires sur cet article

  • Sélestat vaincu comme dans un rêve

    19 mars 2008, par Romina Marcovici

    Excellent article, comme d’habitude, un vrai plaisir de le lire et beaucoup de sourires !!! même devant le buffet ! Bonne continuation à vous et nous espérons vos exploits face à d’autres équipes du championnat !

    Amusez vous bien et à bientôt j’espère !!

    Romina

  • Sélestat vaincu comme dans un rêve

    9 mars 2008, par Claude Kister

    Tous les ingrédients ont été réunis hier soir pour faire d’un match un GRAND match :
    - un public survolté qui nous a véritablement porté,
    - un coaching sur mesure,
    - une solidarité entre les 7 joueuses retrouvée, nous ayant permis de nous surpasser,
    - une équipe adverse combattante, jouant un volley de qualité et dont on a apprécié le fair-play.
    - le suspens jusqu’à la fin du match,
    - et la victoire bien-sûr (ça compte) !

    Et là effectivement on a envie de retrouver toutes ces sensations que seul un sport collectif puisse réunir...

    Claude


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