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>>Souvenirs, souvenirs ... d’un remplaçant

7 octobre 2006
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Gare de Nancy, un samedi matin de novembre 1977. J’attends le train venant d’Epinal qui m’emmènera, avec l’équipe spinalienne, à Nantes où nous jouerons demain après-midi la 6ème journée de championnat. Nous comptons 3 victoires pour 2 défaites, Nantes est à notre portée. C’est le plus long déplacement de la saison. Le trajet nous paraît interminable, malgré les discussions sur le volley, les jeux de cartes... Nous nous installons à l’hôtel et nous endormons en pensant au amtch du lendemain. Dimanche, vers 9 heurs, nous trottinons dans un parc du centre ville. Déjeuner, arrivée à la salle une heure et demi avant le match, préparation au vestiaire, échauffement. Concentré, appliqué, je le veux le plus efficace possible. Au moment où nous prenons les balles, je donne le meilleur de moi-même. Je sais que l’entraîneur, même si le "six" a été annoncé dès la veille, m’observe et évalue mon état de forme ainsi que celui du titulaire que je dois éventuellement remplacer. Il faut que la balance, si elle penche en sa faveur, se rééquilibre à mon profit. Manque de bol : le titulaire a l’air d’être en forme ! Mon rôle est simple et essentiel : je dois être prêt, à tout moment et sans annonce préalable en cas de blessure, à pallier la défaillance de mon copain, titulaire du "six de base". Il faut donc à tout prix que, dès mon entrée, je sois, sinon meilleur, au-moins aussi bon que lui. Ce rôle est plus ou moins partagé par mes deux "collègues" remplaçants, car je suis réceptionneur-attaquant, alors qu’ils sont passeur pour l’un et purement attaquant pour l’autre. Il n’y a donc pas de véritable rivalité entre nous. Début du match. Assis sur le banc, encore chauds, nous encourageons nos partenaires. L’équipe a du mal à entrer dans la partie et l’ASPTT Nantes, bien soutenue par 400 spectateurs déjà bruyants et motivés, fait le trou d’entrée. Premier temps mort : recadrage, mental et technique, par l’entraîneur. Le jeu tend à se rééquilibrer mais l’écart reste et Nantes gagne. Le manager nous a déjà demandé, depuis plusieurs minutes, de nous relever et de nous préparer en fond de salle. Au deuxième set, Nantes relâche la pression et Epinal prend confiance. Sans être impressionnante, l’équipe joue bien. Le collectif s’entend bien, le soutien est là alors que les combinaisons passent dans la plupart des cas. Pendant tout le set, mes camarades et moi enchaînons sautillements, plongeons, roulades, petites accélérations, sans manquer d’applaudir les belles actions de nos partenaires. Puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, le même "six" redémarre au troisième set.Le scénario est rigoureusement le même qu’au set précédent. Cependant je suis en sueur, mon coeur bat à 140... comme si j’étais sur le terrain. Le titulaire me regarde de temps en temps : il sait que je suis chaud et que s’il faillit... Moi, tout en encourageant toute l’équipe, j’observe son jeu, je l’évalue. Et il joue bien ! Epinal l’emporte et nous menons 2 sets à 1. Début du quatrième set. Aucun changement de joueur n’a eu lieu dans notre équipe. Toujours en fond de salle, nous relâchons un peu notre activité : il faut rester chauds, prêts à remplir notre mission, mais aussi garder un potentiel physique performant. Les échanges verbaux se multiplient, les spéculations aussi : qui va entrer sur le terrain, et quand ? Chacun épie les faiblesses de "son" titulaire. Plusieurs scénaris se présentent dont ceux-ci :
- Nantes s’effondre et nous avons droit à un "remplacement-récompense"
- Notre titulaire baisse de régime et il faut pallier ce manquement de forme... Nouveau manque de bol : c’est un autre scénario qui se présente. Le jeu est très équilibré. Le score n’évolue pas, ou alors chaque équipe se rend point pour point. Et les joueurs spinaliens, loin de baisser les bras, se transcendent sur le terrain. Ce n’est pas Epinal qui joue moins bien, c’est Nantes qui renaît, toujours soutenue par son public déchaîné. Les deux équipes se retrouvent à deux sets partout. A l’image du quatrième set, le cinquième est haletant et palpitant, que ce soit pour les joueurs ou pour nous. Pendant longtemps, très longtemps, les deux équipes restent à égalité. Et, après deux heures trente de jeu, l’arbitre siffle la fin du match. Jusqu’à un moment donné, nous avons espéré entrer sur le terrain ; et puis nous avons su que ce jour là, les titulaires ne failliraient pas et que nous ne pouvions pas entrer en jeu. Après le coup de sifflet, nous allons les féliciter. Nous félicitons aussi nos adversaires et remercions arbitres et entraîneurs. Après la douche et la collation offerte par le club, nous reprenons le train. Installés dans le waggon restaurant jusqu’à Paris, nous faisons la bringue, tous ensemble, car l’équipe vient, encore une fois, de faire corps. Il n’y a aucun regret, aucun reproche. Il n’y aura que du travail, et encore du travail, pour essayer de déloger les titulaires de leur poste. Si seulement ils avaient un peu moins d’orgueil et se reposaient sur leurs lauriers, pour nous laisser jouer. Et nous sommes fiers car, ce week-end, nous avons participé à la construction d’une équipe qui terminera cette première saison en Nationale 2 à la 3ème place du championnat ! Lundi, vers 4 heures du matin, le train s’arrête en gare de Nancy et je quitte mes copains qui doivent rallier Epinal. Un taxi m’emmène à l’internant du CREPS. Il me reste deux heures et demi de sommeil. A 8 heures, il faudra être à la piscine de Gentilly, de l’autre côté de la ville, pour l’entraînement de natation. J’ai plutôt hâte de retrouver mes copains mardi soir à l’entarînement à la salle Lapicque d’Epinal. Ne pas rater le rendez-vous avec l’entraîneur à 17 heures. Retour prévu vers 22h30... Au fait, je crois que j’ai oublié de vous préciser un détail. Nantes l’a emporté 15-12, mais rassurez-vous, on les a battu 3 sets à 1 au match retour !

Alors à la question : "un remplaçant a-t-il une importance dans une équipe ?", je réponds :" Il n’est pas important... il est indispensable !"


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